Les ruptures de produits s’accumulent dans les rayons de supermarchés en France !

Le secteur des supermarchés est confronté à un problème depuis plusieurs mois. En effet, les ruptures de stock de produits se font de plus en plus ressentir. Voici les détails.

Les ruptures de stock de produits dans le secteur du commerce de détail sont liées à de nombreux problèmes.

Elles touchent de nombreux articles, notamment les produits frais et les produits d’épicerie. Certains produits non consommables n’échappent pas non plus à cette pénurie.

Une période complexe

Ce problème n’est pas du tout nouveau, mais il devient de plus en plus grave. En 2020, en pleine pandémie de Covid, certains produits manquaient dans les rayons. À cette époque, la farine, le savon et le sucre étaient tous en rupture de stock.

En raison de la crise sanitaire, la population a choisi d’acheter en masse les produits dont elle avait besoin. Aujourd’hui, presque tous les rayons des hypermarchés et des supermarchés sont vides.

ruptures produits

Le cabinet d’analyse NielsenIQ montre que le taux de pénurie dans le secteur du commerce de détail a augmenté.

En octobre 2022, il a atteint 5,8 %. C’est à peu près 1,7 point de pourcentage de plus que l’année dernière.

Par conséquent, les consommateurs doivent attendre en moyenne 4 jours avant de trouver les produits en rupture de stock dans les rayons.

Les produits concernés

Comme nous l’avons mentionné précédemment, cette pénurie touche principalement les produits frais et d’épicerie. D’ailleurs, le taux de pénurie a augmenté de 2 points si on le compare à octobre 2021. Ainsi, on constate une forte augmentation par rapport au mois de septembre.

Si la pénurie de moutardes se poursuit, les vinaigrettes se font également de plus en plus rares. Il en va de même pour les mayonnaises et autres sauces soja. Ces pénuries deviennent de plus en plus pesantes pour les hypermarchés et supermarchés.

Elle représente un manque à gagner de 31%. On constate également une pénurie dans les rayons de produits frais des supermarchés. Les produits les plus touchés sont les saucisses et le jambon. La charcuterie représente 20% du manque à gagner sur le lieu de vente.

 

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Au total, la casse des produits frais et d’épicerie constitue 60% de la perte pour les magasins. Par ailleurs, les boissons sont également de plus en plus rares. Le taux de casse pour elles seules atteint même 6,8 %. Cela concerne principalement les eaux gazeuses et plates.

D’autre part, certains produits non consommables deviennent également très rares. C’est le cas des cotons-tiges et des masques. Les supermarchés sont également confrontés à une pénurie d’emballages, comme les bouteilles.

Quelles en sont les causes ?

Bien sûr, ces ruptures de stock ne se produisent pas toutes seules. Il peut y avoir de nombreuses causes.

Elles peuvent être liées au climat, à la situation politique, mais aussi à l’inflation qui en résulte. Ces causes peuvent être logistiques ou comportementales.

Dans le cas de la pénurie de moutarde, par exemple, c’est le changement climatique qui en est la cause. En effet, le Canada a récemment connu une vague de chaleur.

Cela a provoqué une baisse de la production de graines de près de 30%. Or, cette production est essentielle pour l’industrie française.

Actuellement, les populations de l’Inde et du Pakistan sont également confrontées à des inondations. Un problème qui a provoqué une pénurie de riz.

Par ailleurs, la sécheresse en France pourrait également vider les rayons de conserves et de surgelés des supermarchés d’ici peu. Les rendements des petits pois et des haricots verts risquent de baisser en conséquence.

Quelles sont les conséquences ?

Les hypermarchés et les supermarchés connaissent de réels problèmes à cause de ces ruptures de stock.

Depuis le début de l’année 2022, ils ont perdu 3,5 milliards d’euros de recettes. Si on fait le calcul, la perte pourrait être de 4,4 milliards d’euros d’ici la fin de l’année.

Cependant, la casse n’est pas la seule préoccupation des magasins. Depuis plusieurs mois, l’inflation persiste en France. Cela s’explique en partie par le conflit en Europe et la crise énergétique qui en découle.

Face à ce problème, certaines entreprises agroalimentaires ont décidé d’agir. Elles ont préféré réduire leur production et simplifier leurs gammes. D’autant plus qu’il existe un petit conflit entre la grande distribution et certaines entreprises.

Les besoins de ces derniers ne sont pas couverts, malgré les augmentations accordées. Cette inquiétude pourrait à nouveau être à l’origine de ruptures de stock dans les magasins.

Pénurie d’œufs à venir ?

Alors que certains produits se font de plus en plus rares, les œufs pourraient aussi bientôt s’ajouter à la liste. C’est en tout cas ce qu’avait prévenu le Syndicat national des fabricants et professionnels de l’œuf (Snipo).

Ce dernier a même estimé que la situation était critique. Celle-ci pourrait entraîner un manque de disponibilité au niveau mondial et un risque de pénurie important, comme le rapporte Le Progrès du jeudi 3 novembre 2022.

Quelle est la cause de cette possible pénurie d’œufs ? En effet, l’épidémie de grippe aviaire gagne du terrain depuis quelque temps sur le territoire français. À ce sujet, le Snipo explique :

Après une accalmie cet été, la situation s’est à nouveau dégradée depuis la rentrée scolaire, avec de nombreux foyers confirmés dans les élevages sur l’ensemble du territoire le 2 octobre.

produits

Le niveau de risque est passé de négligeable à modéré. Ainsi, la surveillance des exploitations a été renforcée. Les professionnels du secteur ont souligné une accélération du nombre de nouveaux cas de grippe aviaire.

Une progression qui pourrait être à l’origine d’une nouvelle épidémie, selon ses déclarations. En outre, la baisse des capacités de production nationales et européennes devrait également s’aggraver.

A noter que cette situation touche 13 pays européens. Selon le Snipo, si l’offre reste insuffisante, il n’existe pas encore de solution qui pourrait satisfaire la demande. Ces tensions d’approvisionnement pourraient donc être à l’origine de la pénurie d’œufs.

Cela pourrait avoir des conséquences pour les autres industriels de l’agroalimentaire. Il s’agit d’une situation exceptionnelle en France, comme l’a indiqué le ministère de l’agriculture en octobre 2022.