En raison de l’inflation, les plus folles augmentations de prix dans les supermarchés révélés !

Complément d'enquête s'intéresse aux marques alimentaires qui ont largement augmenté leurs prix depuis le début de la crise.

L’inflation continue de tourmenter le porte-monnaie de nombreux Français et la crise ne semble pas prête de s’arrêter. En effet, beaucoup d’entre nous sont contraints de payer un peu plus cher que d’habitude des prix de certains produits du quotidien… Et, parfois, à faire face à des pénuries de produits incontournables.

Mais si certaines hausses de prix sont justifiées par la crise en Ukraine notamment, il semblerait que les chaînes de supermarchés et les marques alimentaires profitent de la situation pour augmenter leurs bénéfices. Jeudi 1er septembre 2022, Complément d’enquête a dévoilé son rapport exclusif sur le sujet et le constat est plus qu’alarmant.

bon prix

Pour certains grands noms de l’industrie alimentaire, il semble que la technique consiste à diminuer les portions tout en augmentant les prix.

À la fin de l’année, on a dépensé plus a cause des prix

Interrogée par les journalistes, l’association de consommateurs FoodWatch l’a démontré devant les caméras de France 2. Pour maintenir leur rentabilité, certains industriels ont revu leurs recettes ou leurs emballages, a-t-elle expliqué.

Elle dénonce une technique de vente appelée shrinkflation, qui consiste à fournir au consommateur une plus petite quantité d’un produit, mais à un prix plus élevé.

Par exemple, un paquet de Kiri qui contenait 160g de pâte à tartiner a été réduit de 10% (144g), pour une augmentation de 10% du prix. Interrogée, la marque s’est défendue dans les colonnes de L’Obs en affirmant que ce nouveau prix s’expliquait par un changement de recette vers un produit plus naturel et sans additif, qui coûte donc plus cher.

prix supermarchés

Il en va de même pour Teisseire, dont les célèbres sirops sont passés de 75cl à 60cl, avec une augmentation de 38% du prix au litre ! Épinglée par l’association, La Salvetat, marque d’eau minérale a également réduit la contenance de ses généreuses bouteilles.

Avec cette nouvelle contenance, La Salvetat s’est rapprochée de la taille standard des eaux gazeuses du marché, a déclaré la marque à FoodWatch. Pour Camille Dorioz, responsable des campagnes du collectif, la situation actuelle, avec une inflation plus élevée, est totalement propice à ce type de changement de produit.

Car, pour éviter de faire exploser les tickets de caisse des consommateurs en fin d’année, on préfère réduire les formats, et ainsi on a l’impression de dépenser toujours la même chose.

Mais à la fin de l’année, nous avons dépensé plus. Une méthode qui, si elle permet aux entreprises de limiter les dégâts, n’aide pas les finances du consommateur.

En 2022, les consommateurs sont confrontés à une flambée des prix dans les magasins, avec une inflation de +5,8% sur un an selon l’INSEE, avec notamment une hausse de +33,1% des prix de l’énergie et de +6,6% des produits frais.

Dans un rapport publié le mardi 19 juillet 2022, rapporté par TF1, le Sénat ne relève pas de phénomène massif d’augmentations suspectes des tarifs des fournisseurs, au-delà de quelques cas particuliers, mais dénonce en revanche des abus d’une partie de la grande distribution. En effet, certains d’entre eux profiteraient du contexte pour augmenter les prix de vente sans aucune raison justifiable.

Les parlementaires soulignent que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a relevé des hausses de prix dans les rayons par certains distributeurs, alors qu’ils n’avaient pas signé d’augmentation du prix d’achat du produit avec le fournisseur.

Ces pratiques abusives étaient facilitées par le fait que les consommateurs s’attendent de toute façon à voir une forte inflation dans les rayons, indique le rapport.

Des tensions importantes dans le secteur de la distribution

Les sénateurs ont également mis en garde contre un niveau de tension sans précédent entre les fabricants et les distributeurs, qui pourrait entraîner un risque important de rupture d’approvisionnement.

Certains fournisseurs menaceraient de ne plus approvisionner les distributeurs si leurs demandes de renégociation sont rejetées ou réduites de manière déraisonnable.

prix

Il faut savoir que les prix des industriels de l’agroalimentaire sont négociés avec la grande distribution de l’automne à fin février pour le reste de l’année.

Mais compte tenu de la flambée des coûts de production provoquée par la reprise économique après Covid-19 et la situation en Ukraine, le gouvernement avait demandé la renégociation des contrats à la mi-mars 2022.