Agées de 63 à 83 ans, 11 amies recherchent un logement en colocation pour éviter les EHPAD et les maisons de retraite.

Depuis près de 10 ans, onze mamies de Montauban cherchent un immeuble en colocation pour continuer leur vie commune et éviter la maison de retraite.

Il y a quelques années, quand on parlait de colocation, on pensait aux étudiants, aux jeunes professionnels et aux colocataires heureux ! C’était une alternative à la pénurie de logements pour étudiants. Mais ces dernières années, différents types de colocations ont vu le jour, comme celle d’une personne âgée vivant avec un étudiant.

A Montauban, un groupe de femmes âgées de 64 à 84 ans compte bien révolutionner le système de la colocation. En créant l’association La Maison d’Isis, ces onze femmes nommées Dominique, Ginette, Madeleine, Babette, Michelle, Françoise, Marie-Claude, Huguette, Marie-Luce, Sylviane et Sophie espèrent prolonger leur autonomie en vivant ensemble sous le même toit ! Présentation.

Qu’est-ce que la Maison d’Isis ?

maison de retraite

Cela fait déjà 6 ans que ces 11 mamies, dont la moyenne d’âge avoisine les 70 ans, ont créé l’association La Maison d’Isis. Avec un objectif de colocation : pouvoir vivre ensemble, mais séparément. En d’autres termes, elles sont à la recherche d’un immeuble qui leur permettrait de vivre chacune dans leur propre appartement, une sorte de résidence privée pour personnes âgées.

Si les onze femmes souhaitent opter pour ce mode de vie alternatif, c’est d’abord pour ne pas avoir à dépendre de leurs enfants. Mais aussi pour préserver leur autonomie le plus longtemps possible, et soyons clairs : pour éviter la maison de retraite ! L’idée leur est venue en entendant parler de la Maison des Babayagas, un foyer autogéré pour femmes âgées à Montreuil (93).

Pour l’une d’entre elles, les résidences seniors existent de plus en plus, mais elles sont réservées aux plus riches ! Il est clair qu’en France, les logements réservés aux seniors sont déjà rares, et de plus, ils restent inaccessibles à certains budgets !

Un premier espoir de colocation en 2015

En 2015, les femmes de la Maison d’Isis ont réussi à obtenir un rendez-vous avec un bailleur social qui devait leur trouver un bien à leur portée. Un lieu leur avait même été proposé, mais quatre ans plus tard, le projet est tombé à l’eau : les moyens financiers des onze femmes ne permettaient pas sa réalisation.

Aujourd’hui, elles continuent à chercher un bien en colocation pour leur projet en se tournant vers les organismes de béguinage, lieux où vivaient autrefois des communautés religieuses. Aujourd’hui, le terme s’est étendu aux organisations qui créent des lotissements pour les personnes âgées ou pour certains types de population (jeunes, sans-abri, familles monoparentales). Et obtenir un prêt à 64 ou 84 ans est impossible !

La Maison d’Isis est une association d’habitat participatif senior à Montauban, avec 12 logements adaptés à des personnes vieillissantes qui ont choisi de préserver et de prolonger leur autonomie, de lutter contre l’isolement, de pratiquer l’entraide et la solidarité.

La colocation, une alternative pour le bien vieillir ?

Et si partager un appartement avec d’autres seniors était l’avenir de ces personnes vieillissantes ? Les familles cherchent de plus en plus d’alternatives aux maisons de retraite, et le scandale des EHPAD de ces derniers mois y est peut-être pour quelque chose. Une nacelle de grand-mère dans le jardin pour loger une personne âgée tout en préservant son indépendance, mais en gardant un œil sur elle.

Partager un appartement avec un étudiant pour que la personne âgée ait une présence quotidienne est aussi une occasion de partage intergénérationnel. Et enfin, la colocation avec d’autres seniors, dans un immeuble collectif ou dans un véritable appartement avec une salle commune et des chambres privées, serait également idéale pour permettre à nos aînés de veiller les uns sur les autres tout en partageant de bons moments.

Colocation

Les onze mamies ne désespèrent pas et aimeraient juste vivre ensemble en colocation jusqu’à la fin de leur vie. Une vie qu’elles imaginent plus douce dans un bel immeuble où résonneraient rires et parties de Scrabble ! N’est-ce pas là une idée géniale ? Si un promoteur ou un bailleur social passe par là, vous pouvez contacter l’association sur sa page Facebook.