Une pénurie de paracétamol est-elle à craindre cet hiver, les explications ?

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé appelle à la modération dans l'utilisation du paracétamol cet hiver...

Les pénuries sont définitivement à la mode cette année. Après le pétrole, la moutarde et l’essence, voilà que le paracétamol pourraient faire défaut.

En effet, dans un communiqué de presse, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé une alerte sur le paracétamol.

Et cela concerne le paracétamol. Il faut dire qu’avec près de 500 millions de doses vendues en France, c’est le médicament le plus vendu dans le pays.

paracetamol 500

Doliprane, Efferalgan, Fervex et autre Dafalgan, les marques qui commercialisent la précieuse molécule de paracétamol ne manquent pas.

Malheureusement, cet hiver, les Français vont devoir limiter la consommation de paracétamol préféré.

En effet, l’ANSM appelle les professionnels de santé à limiter la distribution de paracétamol à leurs patients. Notamment pour permettre aux patients qui en ont un besoin immédiat d’en bénéficier.

Deux boîtes par patient en l’absence d’ordonnance.

L’organisme public demande aux pharmaciens de limiter la délivrance à deux boîtes par patient.

Cette mesure s’adresse aux personnes qui n’ont pas d’ordonnance. Si vous êtes malade et avez une ordonnance, pas de panique, le pharmacien vous donnera quand même ce dont vous avez besoin.

 

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Enfin, les pharmaciens auront toujours la possibilité de limiter la distribution. Par exemple, en adaptant les ordonnances.

L’ANSM invite ensuite les médecins à éviter de prescrire du paracétamol aux patients qui n’en ont pas un besoin immédiat, et leur demande, dans la mesure du possible, de privilégier une posologie de trois prises par jour toutes les 8 heures. Au lieu de quatre doses par jour toutes les 6 heures.

Paracétamol : tensions d’approvisionnement depuis juillet dernier

De leur côté, les patients sont également invités à contribuer en ne constituant pas de stocks.

Ce n’est pas pour rien que l’agence nationale du médicament donne ces instructions.

En effet, c’est tout simplement parce que depuis juillet dernier, il y a des tensions d’approvisionnement.

Cela est dû notamment à des difficultés de production. A cela s’ajoute une augmentation de la consommation dans le cadre de la Covid-19.

Des épidémies successives responsables de l’augmentation de la consommation

La pénurie est due aux nombreux épisodes infectieux qui se sont succédé, ces derniers mois, voire ces dernières années. Les épidémies de rhume, de grippe, d’angine… expliquent la forte augmentation de la consommation de paracétamol.

S’y ajoute le Covid-19, dont la circulation repart actuellement à la hausse outre-Atlantique. Or, les médicaments à base de paracétamol sont souvent les seuls prescrits pour ce virus.

De plus, la chaîne de production est en partie délocalisée en Asie. Le paracétamol n’étant pas fabriqué en France, le pays n’en a pas la maîtrise.

paracétamol

Et il existe des tensions sur l’aluminium, utilisé pour l’emballage des comprimés.

De nombreux utilisateurs ont l’habitude d’acheter ces médicaments, pour les avoir sous la main en cas de douleur et/ou de fièvre.

Mais, souvent, les produits ont le temps d’atteindre la date de péremption, avant d’être consommés. Un réflexe qu’il faudra perdre, afin de suivre la prescription de l’ANSM.