Pénurie en France : Après l’huile de tournesol et la moutarde, votre légume préféré absent des rayons à cause de la sécheresse.

Alors que la troisième vague de chaleur se poursuit, la culture de la pomme de terre est menacée par la sécheresse.

Faut-il craindre une pénurie de pommes de terre dans les prochains mois ? La fin des haricots pour les pommes de terre ? C’est la question qui préoccupe les professionnels du secteur depuis le début de l’été. En cause : la sécheresse sans précédent que connaît le pays. Alors que la troisième vague de chaleur qui a débuté fin juillet continue de frapper la France et que 93 des 96 départements sont soumis à des restrictions d’eau, la culture de la pomme de terre souffre.

La sécheresse a stoppé la croissance des pommes de terre

Très sensible au stress hydrique, la pomme de terre a stoppé son développement très tôt cette année. Résultat, le tubercule est beaucoup plus petit que les années précédentes. Et la récolte est également inférieure à la normale. Nous avons actuellement des pommes de terre qui sont très petites et qui devraient être deux fois plus grosses, a déclaré un producteur de Spycker, dans le Nord de la France, au journal télévisé de TF1 le 5 août.

pommes de terre

Avant d’ajouter : Nous sommes inquiets, parce que c’est déjà une perte de récolte. Et quand on dit perte de récolte, on dit perte d’argent. Les mêmes inquiétudes ont été exprimées par un agriculteur qui a déclaré à l’AFP : S’il ne pleut pas d’ici le 15 août, je risque de perdre 50% de ma récolte. Une entreprise des Hauts-de-France, chargée de conditionner et de revendre la récolte de 200 agriculteurs locaux, a assuré aux caméras de TF1 que la production de pommes de terre a déjà chuté de 30%.

Vers une pénurie de pommes de terre à cause de la sécheresse ?

Faut-il s’attendre à une pénurie dans les mois à venir ? Pour l’instant, il est difficile de répondre à cette question et la météo des prochaines semaines devrait être déterminante. Dans les colonnes de Ouest-France, Geoffroy d’Evry, président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), explique : Ces chocs thermiques répétés suscitent des inquiétudes légitimes sur le volume de la production, tant sur le plan qualitatif que quantitatif.

patate

Christian Huyghe, directeur scientifique pour l’agriculture à l’Institut national de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, se veut plus rassurant pour le quotidien régional : Nous sommes certes dans une configuration climatique qui n’est pas optimale, mais il ne faut pas s’alarmer outre mesure. Pour le spécialiste, la pomme de terre est principalement produite dans des régions moins touchées par la sécheresse, comme la Bretagne ou le Nord de la France, elle devrait donc être moins affectée que les autres cultures.

Une hausse des prix de la pomme de terre est attendue

Si une pénurie n’est pas encore à l’ordre du jour, une hausse du prix des pommes de terre est en tout cas à prévoir. Une mauvaise nouvelle de plus pour les Français, déjà durement touchés par l’inflation sur l’alimentation, l’énergie et le carburant. D’autant plus que c’est leur légume préféré et qu’ils en consomment pas moins de 52 kg par an et par habitant.

En raison de la sécheresse, les premières pommes de terre récoltées sont beaucoup plus petites que les années précédentes.

La consommation de pommes de terre en France

Les Français consomment en moyenne 52 kg de pommes de terre par an et par habitant, soit 1 kg par semaine.

Supermarchés : ce produit cher aux Français est menacé de pénurie et verra son prix atteindre la barre symbolique de 1 €.
Les Français devront-ils se passer de lait ? En raison de la guerre en Ukraine et de la sécheresse historique que connaît le pays, le produit pourrait bientôt manquer dans les rayons des supermarchés. Le prix du lait, lui, pourrait grimper à plus d’un euro le litre.

La France va-t-elle bientôt manquer de lait ? C’est la question qui agite actuellement le secteur alors que le pays connaît une sécheresse historique.

Si la réponse est, pour l’instant, incertaine, une chose est sûre : son prix risque de s’envoler dans les prochaines semaines, comme le rapporte l’AFP dans une dépêche. Une mauvaise nouvelle de plus pour les Français, qui consomment pas moins de 44 litres de lait par an et par habitant* et dont le porte-monnaie est déjà frappé par l’inflation sur les produits alimentaires et les carburants.

Hausse du prix du lait : la sécheresse a aggravé le phénomène

En raison de la guerre en Ukraine, le prix des produits laitiers avait déjà augmenté ces derniers mois. Le prix du beurre a augmenté de 9,8% entre juin 2021 et juin 2022, celui du fromage de 5,2% et celui du lait demi-écrémé en brique ou en bouteille de 4,5%. Et le réchauffement climatique n’a fait qu’aggraver la situation. Tout a commencé par un mois de mai particulièrement chaud, suivi de trois vagues de chaleur entre juin et aujourd’hui. La sécheresse est donc la plus marquée de ces 70 dernières années, comme l’a expliqué à l’AFP Christian Huyghe, directeur scientifique de l’agriculture à l’INRAE.

lait

Les animaux n’ont rien à manger

Conséquence directe pour les agriculteurs, la production d’herbe dans les pâturages s’est effondrée de 21% en juillet, par rapport à la normale, selon les données d’Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture. Cela signifie que les vaches laitières n’ont plus assez à manger. Les agriculteurs n’ont d’autre choix que d’acheter des aliments pour animaux, dont le prix a également flambé, de puiser dans les stocks d’hiver ou de vendre leur troupeau. On a des animaux, qui sont habituellement dans les prés à cette période de l’année, qui n’ont plus rien à manger, a déclaré Yannick Fialip, président de la commission économique de la FNSEA, sur Franceinfo le 5 août.

vache

Le litre de lait pourrait atteindre 1 € à l’automne

Faut-il donc craindre une pénurie de lait ? Selon Yannick Fialip, la situation est grave : Je pense que dans les mois qui viennent, il y aura une pénurie de lait en France, a-t-il déclaré à Franceinfo. Benoît Rouyer, directeur économique du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel), est plus tempéré avec l’AFP. Pour cet économiste, le produit ne doit pas être totalement absent des rayons, comme la moutarde ou l’huile de tournesol récemment, mais un manque de lait est à prévoir.

sécheresse

Et c’est là que le bât blesse. Globalement, un manque de lait entraînera une réduction des possibilités de production de beurre, de crème, de briques de lait et de fromage, explique-t-il. Et lorsque vous avez un manque de produit, quel que soit le secteur, il y a un impact sur le prix. Comme le réclame la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), le litre de lait pourrait atteindre 1 € dans les supermarchés à la rentrée, contre une moyenne de 0,74 à 0,78 € aujourd’hui, soit une augmentation de 22 à 26 %.

En raison de la sécheresse de cette année, les pâturages sont secs et les vaches laitières n’ont pas assez à manger.

Actuellement, 1 litre de lait est vendu entre 0,74 et 0,78 €. Dès la rentrée scolaire, il pourrait grimper jusqu’à 1 €.