Retraite : Les retraités à contribution pour rétablir l’équilibre financier de la France ?

Jeudi 19 janvier, les syndicats se mobilisent contre la réforme des retraites. Un débat qui soulève de nombreuses questions.

Afin de rétablir l’équilibre financier du système de retraite, le gouvernement ne veut pas faire cotiser les retraités.

Cette position fait l’unanimité au sein de la classe politique, ce qui arrive rarement lorsqu’il s’agit de réforme des retraites.

emploi retraite

Toutefois, des économistes extérieurs aux partis estiment qu’une réforme équitable des retraites ne doit pas faire peser tout le poids sur la population active.

Partager l’effort entre actifs et retraités

Nous sommes à la veille de la grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

Elle aura lieu le jeudi 19 janvier. Une question agite le débat sur les retraites. Il s’agit de savoir s’il n’y a pas d’autres moyens de garantir l’équilibre financier de notre système par répartition.

Le gouvernement estime qu’il n’y a qu’un seul moyen : porter l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans.

La principale mesure de la réforme des retraites. Cela dit, certains économistes estiment qu’il existe un autre moyen de garantir cet équilibre.

 

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En effet, ils préconisent de partager l’effort entre les retraités et les actifs. Mais il y a un problème : l’exécutif a fait du montant des pensions une ligne rouge.

Pour ces derniers, il n’est pas question de sous-indexer les pensions par rapport à l’inflation, même si les plus modestes sont épargnés.

Et si on augmentait la CSG sur les retraites alors ? En aucun cas : en effet, Emmanuel Macron s’y était risqué en 2018 avant de reculer face à la colère des personnes âgées. Cette dernière a largement contribué à sa réélection en 2022.

Des retraités privilégiés avec la réforme.

Cela dit, poser la question de la cotisation n’est pas du tout insensé dans une réforme des retraites. En effet, dans une certaine mesure, nos retraités sont des privilégiés.

Depuis 2000, leur niveau de vie est supérieur à celui des actifs, même si la différence s’est récemment réduite.

C’est une exception mondiale. Enfin, presque, car la France partage cette anomalie avec l’Italie.

Par ailleurs, si 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, ce n’est le cas que de 10 % des retraités.

Souvent, les retraités sont propriétaires de leur logement et ont une plus grande capacité d’épargne que les actifs. Emmanuel Grimaud, président de Maximis Retraites, explique :

Il est logique de dire dans une réforme, on fait payer tout le monde. C’est vrai qu’aujourd’hui les retraités paient moins de CSG et de CRDS que les actifs.

Il n’y a pas de véritable raison pour expliquer cela. Quant à la retraite de base, on peut se demander pourquoi les retraités ne cotisent pas à l’assurance maladie alors qu’ils consomment plus de soins que le reste de la population.

Sous-indexer les pensions sur l’inflation ?

La simple sous-indexation des pensions sur l’inflation d’un point en 2023 et 2024 permettrait d’économiser près de 5 milliards d’euros.

C’est ce qu’indique une note très médiatisée de Fipaddict. Cela représente 40% de la somme jugée nécessaire par le gouvernement pour résorber le déficit des caisses de retraite d’ici 2027. En d’autres termes, 12 milliards d’euros.

En effet, selon le gouvernement, le besoin de financement des retraites pourrait atteindre 10 milliards d’euros en 2027.

En 2030, il pourrait atteindre 13,5 milliards d’euros et plus encore par la suite. Selon le COR, chaque actif devrait cotiser entre 21 et 28 euros de plus par mois en 2027.

Réforme des retraites : d’autres mesures

Cela dit, d’autres mesures sont possibles, selon Attac, pour financer les retraites et rétablir plus de justice fiscale.

Par exemple, on peut revoir les politiques d’exonérations de cotisations sur les bas salaires.

En 2019, leur champ d’application a été étendu aux cotisations de retraite complémentaire.

En 2021, ces exonérations représentaient 15,7 milliards d’euros pour la branche vieillesse de la Sécurité sociale.

retraite

Cela représente plus que les besoins de financement prévus en 2030. Attac recommande également d’agir sur la fiscalité pour améliorer la participation de l’État aux finances de la Sécurité sociale.

En effet, il existe de nombreuses solutions pour cela :

Revenir sur la réduction de 50% de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Il s’agit d’annuler la suppression de la CVAE en 2023 et 2024 pour un montant de 8 milliards d’euros. Cette option permettrait de dégager rapidement plus de 16 milliards d’euros.

Instaurer un impôt de solidarité sur la fortune pour rapporter au moins 7 à 10 milliards d’euros de plus que l’actuel impôt sur la fortune immobilière.

Supprimer le prélèvement forfaitaire unique pour taxer l’ensemble des revenus financiers au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Renforcer les moyens alloués à la lutte contre la fraude fiscale pour envisager de doubler les résultats des contrôles fiscaux.

Réduire le nombre et le coût des niches fiscales pour accroître la progressivité de l’impôt et dégager des ressources.