Pouvoir d’achat 2023 : la mauvaise nouvelle tombe, les salaires n’augmenterons pas !

Bruno Le Maire rejette toute indexation des salaires sur l'inflation, une revendication portée notamment par la CGT.

Aujourd’hui, la priorité absolue du gouvernement est l’inflation et le salaires des Français. L’inflation est une menace directe pour les ménages les plus fragiles, pour les classes moyennes, pour les retraités qui ne peuvent malheureusement pas augmenter leurs revenus.

Depuis 2020, la crise sanitaire a bouleversé le contexte social et économique en France et dans le monde. Puis, depuis février 2022, le conflit en Europe de l’Est bouleverse les marchés financiers, notamment celui de l’énergie.

augmentation salaires

Selon les chiffres d’octobre 2022, l’inflation est désormais de 6,2 %. Et dans les 19 pays de la zone euro, elle a encore augmenté en août pour atteindre 9,1%. Elle a même atteint 10,1 % pour l’ensemble de l’Union européenne.

La flambée des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des transports entraîne des hausses de prix incontrôlables mois après mois. Ces chiffres sont les principaux responsables de l’érosion du pouvoir d’achat et donc des salaires et des pensions.

Malgré cela, Bruno Lemaire, ministre de l’économie, refuse une augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail.

Seul le salaire minimum est actuellement indexé sur l’inflation.

Alors que les salariés manifestaient pour les salaires le mardi 18 octobre 2022, certains syndicats ont appelé à un retour à l’indexation des salaires sur les prix. Un mécanisme que l’État a abandonné dans les années 1980 car il était accusé de favoriser… l’inflation !

La hausse des salaires dans le secteur privé est estimée entre 2,5 et 3% cette année. Mais avec une telle inflation, les salariés subiront une baisse de leur pouvoir d’achat d’au moins 2%.

Cette inflation élevée sans précédent a incité certains syndicats, comme la CGT, à demander l’indexation des salaires sur l’inflation.

Aujourd’hui, seul le SMIC est indexé sur l’inflation afin de protéger les salariés les plus fragiles. Après une augmentation de 2,2% en octobre 2021… puis de 0,9% en janvier 2022…

Puis de 2,65% en mai 2022… Le SMIC a augmenté une quatrième fois de 2,1% en août 2022 par la stricte application du mécanisme légal d’indexation sur l’inflation. Il s’établit désormais à 1 329,05 euros nets. Un chiffre qui dépasse de nombreux minima de branche et qui pourrait encore augmenter dans un avenir proche.

Jusqu’en 1983, les salaires français étaient indexés sur l’inflation. Mais ce mécanisme a finalement été abandonné. En effet, de nombreuses personnes estimaient qu’il était lui-même une source de hausse des prix.

En effet, après les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, la hausse des prix a été spectaculaire et les entreprises ont dû accorder de fortes augmentations de salaires.

Cela a entraîné une nouvelle hausse des prix... qui a entraîné une nouvelle hausse des salaires, etc. Une spirale que nous appelons la spirale prix-salaires !

Pas d’indexation malgré un pouvoir d’achat en souffrance

À l’occasion de l’ouverture des débats au Sénat sur la loi de programmation budgétaire, ce mercredi 2 novembre 2022, Bruno Le Maire a totalement écarté la demande, que la CGT avait formulée, d’indexer les salaires sur l’inflation.

Pour le ministre de l’Économie, il faut éviter une spirale inflationniste. Celle qui a été provoquée dans les années 1970 par une augmentation générale et automatique des salaires totalement découplée de la productivité du travail.

Sans citer aucun syndicat, Bruno Le Maire a balayé les promesses démagogiques d’indexation des uns et des autres, saluant une décision courageuse et responsable d’Emmanuel Macron…

Qui nous évitera de nombreux déboires demain. Comme ceux que nous avons connus dans les années 1970″, a ajouté le ministre.

En effet, le président de la République avait exclu une indexation générale il y a une semaine sur France 2.

Les augmentations de salaires ne sont pas décidées par l’État, a rappelé le chef de l’État. Nous ne sommes pas une économie administrée.

Une spirale inflationniste

Selon Bruno Lemaire, une indexation générale entraînerait une nouvelle réduction de la marge des entreprises. Celles-ci seraient donc obligées de répercuter cette perte de marge sur la hausse des prix à la consommation.

Une spirale inflationniste sans fin dans laquelle nous refusons d’entrer. Car nous perdrions sur tous les tableaux, évoquant ainsi une inflation incontrôlée et une perte de compétitivité et d’attractivité.

Outre la CGT qui demande une indexation générale des salaires sur l’inflation à l’échelle nationale, quatre syndicats de la fonction publique, CGT, FO, FSU et Solidaires de la Fonction Publique, ont récemment demandé l’indexation du point d’indice sur l’inflation.

En n’acceptant qu’une augmentation de 3,5% de la valeur du point d’indice, quasiment gelée depuis plus de dix ans et déjà consommée par la flambée des prix, le gouvernement organise une nouvelle baisse du pouvoir d’achat des agents publics. C’est ce que les organisations ont dénoncé mi-octobre dans un communiqué, qualifiant la situation d’inacceptable.

87% des Français sont favorables à l’indexation des salaires sur l’inflation

En octobre dernier, les résultats d’une enquête menée par l’institut de sondage IFOP pour le JDD ont été publiés. Cette enquête portait sur l’indexation des salaires sur l’inflation.

Les résultats obtenus sont sans appel. En effet, il s’agit d’un quasi-consensus en faveur de l’indexation avec près de 87% des personnes interrogées qui y sont favorables.

salaires

Cette approbation provient de toutes les classes d’âge mais surtout de tous les partis politiques. 94% des sympathisants des partis de gauche y sont favorables.

Mais la proposition séduit également les partis de droite et d’extrême droite. En effet, 85% des sympathisants de droite sont favorables à ces mesures. Et 90% de ceux de l’extrême droite y sont favorables.

Le propre parti de la majorité semble plutôt favorable au retour de cette mesure, puisque 84% des sympathisants de Renaissance interrogés ne sont pas opposés à son retour.