Maison de retraite : La souffrance silencieuse des personnes âgées abandonnés dévoilées.

Lorsque nous sommes enfants, nos grands-parents occupent une place très importante dans notre vie. les personnes âgées nous racontent des histoires.

Les personnes âgées nous gardent quelques heures, nous font des câlins et nous gâtent beaucoup. Mais en vieillissant, nous semblons oublier tout ce qu’ils ont fait pour nous.

N’ayant personne pour s’occuper d’elles, les personnes âgées finissent malheureusement dans des maisons de retraite, et même avant le début de la pandémie, elles étaient livrées à elles-mêmes. En effet, ces personnes âgées reçoivent rarement des visites et se sentent abandonnées.

Le fait de ne pas voir leurs enfants et petits-enfants, ou tout autre parent, et de ne pas recevoir d’appels téléphoniques de leur part a un impact sérieux sur elles. Et malheureusement, nos personnes âgées et nos parents souffrent en silence de ce phénomène d’abandon.

Face à cet abandon, nous devons nous poser la question. Pourquoi ne prenons-nous plus le temps de rendre visite à nos parents et grands-parents ?

personnes âgées

Tout simplement parce que les jeunes grandissent et fondent leur propre famille. Ils ont plus de responsabilités et moins de temps libre.

De plus, avec leur famille et leur carrière, ils se sentent moins capables d’assumer une telle charge et de prendre soin de ceux qui leur ont donné la vie.

En abandonnant leurs parents, les enfants commettent une grave erreur. Cet abandon leur cause une grande douleur qu’ils expriment rarement.

Si vos parents et grands-parents sont encore en vie, rendez-leur visite. Appelez-les régulièrement, trouvez le temps d’aider les personnes âgée et de leur parler.

Un simple coup de fil, une visite, un repas partagé avec eux, sont autant de gestes que vous pouvez faire pour soulager la souffrance de vos parents et grands-parents.

Le désespoir des personnes âgées en maison de retraite

L’Observatoire national de la fin de vie a recueilli des témoignages poignants de personnes âgées. La fin de vie des personnes âgées pourrait devenir un véritable naufrage social. La conclusion du rapport de l’Observatoire national de la fin de vie (ONFV) claque comme un avertissement.

Mais cette étude, remise mardi soir à la ministre de la Santé et à la ministre de l’Autonomie, est avant tout un constat, dressé par des personnes âgées en maison de retraite et leurs proches dans deux études. Leurs propos poignants donnent un aperçu de la fin de vie des 90 000 personnes âgées qui décèdent chaque année en maison de retraite. Loin du tumulte médiatique des affaires d’euthanasie.

Nous ne sommes plus rien : une table, un pot. Nous ne sommes plus vivants, nous ne sommes qu’un morceau de bois, explique une femme de 97 ans, apparemment touchée par la dépression, comme le sont 40% des personnes âgées en institution. Cela ne me fait pas peur de mourir, au contraire : Je serai débarrassée de ce que je vis, je serai débarrassée de ma famille aussi. Ce n’est pas drôle pour personne de venir ici, dit une autre résidente, soucieuse de ne pas être un poids pour ses proches.

seniors

Sentiment d’inutilité : la première mort des personnes âgées est la mort par exclusion de la vraie vie, celle des gens qui bougent, qui vont vite, qui travaillent, souligne l’étude. Cette angoisse est renforcée par le non-choix d’entrer en institution, une nécessité imposée aux proches parce qu’ils ne peuvent continuer à assurer les soins à domicile, trop coûteux ou ingérables. Les trois quarts des personnes âgées en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) n’ont pas choisi d’y vivre.

Elle m’a dit : Je préfère me jeter du septième étage que de venir dans une maison de retraite, confie un enfant à propos de sa mère. La maison de retraite a vraiment, c’est plus que la fin de vie, c’est ‘on se débarrasse des gens’. C’est ce que je ressens, c’est ce que ma famille m’a fait ressentir : Je me suis débarrassé de ma mère, résume un autre, partagé entre un sentiment de culpabilité et la nécessité de préserver sa vie personnelle.

Avec 42% des patients atteints de la maladie d’Alzheimer en maison de retraite, les personnes âgées sont également confrontées au miroir de la démence, note le rapport. Cela me ferait peur de perdre la tête, de ne plus savoir ce que je dis : J’espère que je mourrai avant, s’inquiète une nonagénaire. Je m’enferme dans ma chambre pour ne pas l’entendre : c’est comme des loups. C’est insupportable quand il crie, dit une femme de 91 ans en parlant de son voisin de chambre.

Un miroir de la démence

Paradoxalement, la question de la fin de vie semble taboue. Un sujet inexistant, une question qui ne se pose pas et même la source d’un manque de discussion, note le rapport. Dans plus de la moitié des situations (53%), les résidents disent ne pas aborder la question de leur avenir avec leurs proches, tandis que 12% en parlent rarement, selon une autre enquête de l’ONFV.

Oh, tu sais, on en a parlé une fois. Ma fille me dit : Il ne faut pas parler de la mort, on vit, confie un octogénaire. Mais plus que la perspective de la fin, c’est l’idée de la mort lente et de la mauvaise mort, avec son cortège de souffrances et de traitements qui effraie. J’ai entendu mon voisin gémir longtemps avant de mourir : à quoi bon vivre encore un mois ou deux ? s’interroge un homme de 89 ans.

Ce silence laisse peu de place aux personnes âgées pour exprimer leurs dernières volontés. Seuls 5 % des résidents de maisons de retraite ont écrit leurs dernières volontés au cas où ils seraient incapables de le faire. Un tiers d’entre eux ont désigné une personne de confiance. Cependant, tous savent ce qu’ils veulent ou veulent éviter, comme être transféré d’un service à un autre ou mourir dans le couloir d’un service d’urgence, par exemple.

personnes âgées abandonnés

Je suis allé trois fois à l’hôpital. Ils ne savaient pas ce qui n’allait pas chez moi, mais j’ai subi 15 à 20 tests sanguins, des scanners, une fibro, une coloscopie ? J’ai dit j’en ai assez, je ne veux pas qu’on me tripote comme ça, je ne veux pas de ça, détaille un habitant de 91 ans.

Je ne veux pas qu’on prolonge ma vie en me mettant sous oxygène. Non. Je veux qu’on me laisse mourir seule, déclare une septuagénaire. Toutes les 40 minutes, une personne âgée meurt aux urgences, 13 000 chaque année, déplore l’observatoire. Ces transferts, qui ne sont pas toujours souhaités et souvent médicalement injustifiés, pourraient être évités, affirme le rapport.

La simple présence d’une infirmière de nuit dans une maison de retraite permettrait d’éviter 18 000 de ces hospitalisations par an, selon l’ONFV. Ce n’est qu’une des nombreuses mesures nécessaires pour construire une véritable politique de la fin de vie en France.

*** L’étude qualitative a été réalisée auprès de 24 résidents d’Ehpad dans cinq établissements et auprès de 35 proches de résidents de ces mêmes établissements entre avril et septembre 2013.