Pénibilité : Voici ce qui va changer pour vous avec la réforme des retraites du gouvernement !

Il n'existe pas de profession unique. Cependant, certaines professions ont un impact plus important sur la santé des travailleurs. C'est ce que l'on appelle la pénibilité.

Face à cette montée de la colère des français, le Premier ministre tient à souligner les avancées sociales qu’implique cette nouvelle réforme. En effet, ce texte prévoit une meilleure prise en compte de la pénibilité du travail. Nous vous expliquons tout cela, en détail.

De quoi parlons-nous ?

Toutes les activités professionnelles ont leurs avantages et leurs inconvénients.

pénibilité retraite

Cela dit, certains métiers sont beaucoup plus difficiles, tant physiquement que mentalement, que d’autres.

Bien sûr, la notion de pénibilité au travail peut sembler assez subjective ou abstraite.

Mais en réalité, elle existe depuis longtemps dans le Code du travail. D’ailleurs, elle n’a pas attendu la réforme actuelle pour être prise en compte.

En fonction des tâches effectuées par un travailleur, celui-ci peut donc cumuler des points.

Ces points sont inscrits sur le compte professionnel de prévention (C2P) du travailleur.

Le site web du service public fournit une bonne explication du système de suivi de la pénibilité du travail.

Le compte professionnel de prévention (C2P) permet de déterminer et de référencer les facteurs de risques professionnels auxquels un travailleur est exposé au-delà de certains seuils.

Dans ce cas, l’employeur établit une déclaration dématérialisée. En fonction de son exposition à ces risques, le salarié cumule des points sur son C2P.

Pour l’instant, plusieurs critères différents permettent déjà de cumuler des points en fonction de la difficulté du travail.

Il est notamment possible de cumuler des points pour les rythmes de travail (travail de nuit, travail répétitif, travail par roulement en 3×8, etc.)

 

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Cette notion prend également en compte les environnements de travail agressifs (température, bruit, pression hyperbare, etc.).

Le gouvernement opte pour la prévention

Selon Elisabeth Borne, il faut réduire la pénibilité du travail, au lieu de générer une usure professionnelle.

Pour l’instant, ces facteurs de risque permettent une retraite anticipée. Mais pour le chef du gouvernement, il vaut mieux investir pour limiter ces problèmes à temps, avant qu’ils n’aient un impact sur la santé des actifs.

Je ne peux pas accepter que le travail puisse nuire à tant de nos compatriotes. Nous allons créer un fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle doté d’un milliard d’euros.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, est d’accord. Nous allons demander aux branches professionnelles de négocier des accords sur la prévention de l’usure professionnelle pour les métiers identifiés comme difficiles par la sécurité sociale.

 

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L’objectif ? Déterminer quels sont les métiers les plus touchés par les facteurs de risques ergonomiques.

En effet, ces risques sont encore à l’origine de nombreuses maladies professionnelles.

Il s’agit notamment des postures contraignantes, du port de charges lourdes et des vibrations mécaniques.

Afin de lutter contre les effets de la pénibilité du travail, la réforme prévoit donc un suivi médical renforcé pour les travailleurs concernés, dès l’âge de 45 ans. L’objectif ?

Mettre en place une visite médicale de mi-carrière. Ainsi, les impacts visibles sur la santé des salariés exposés à des risques pourront être détectés.

Le cas échéant, plusieurs solutions pourraient être proposées pour limiter la pénibilité de ces métiers.

Il pourrait s’agir de mesures d’adaptation du poste de travail ou encore d’un accès plus large à la reconversion professionnelle.

Pénibilité : les préretraites restent à l’ordre du jour

Avec cette réforme, le gouvernement souhaite que chacun fasse un effort sur l’âge de départ à la retraite.

Ainsi, l’âge de la retraite devrait passer de 62 à 64 ans dans les prochains mois.

Toutefois, le pouvoir exécutif veut prendre en compte la pénibilité des métiers en facilitant les départs anticipés en cas d’usure professionnelle.

Afin d’éviter une carrière trop longue aux personnes en mauvaise santé, la réforme prévoit une visite médicale à 61 ans.

L’objectif est de permettre une retraite anticipée pour les salariés usés par le travail.

Cet avis médical concernera les travailleurs exposés à des risques dans le cadre de la pénibilité.

Si une personne est reconnue inapte au travail, elle pourra obtenir une retraite à taux plein à l’âge de 62 ans.

Une évolution confirmée par Olivier Dussopt. Nous faciliterons l’accès à la retraite pour incapacité permanente, et nous ne reculerons pas l’âge de la retraite pour les personnes en situation de handicap ou d’inaptitude, promet le ministre du Travail.

Cet âge restera fixé à 62 ans à taux plein, comme c’est le cas aujourd’hui. Ce projet sur la prévention de l’usure professionnelle nécessite un peu plus de travail : c’est pourquoi nous avons décidé de poursuivre les consultations avec les organisations patronales et syndicales jusqu’au 10 janvier avant de présenter notre projet de réforme dans son intégralité.

Le compte C2P va changer…

Comme nous l’avons déjà mentionné, ce système de prise en charge de la pénibilité n’est pas nouveau.

Néanmoins, la réforme des retraites prévoit plusieurs modifications du compte professionnel de prévention.

Alors que certaines conditions se sont durcies ces dernières années, le nouveau projet de loi assouplit les règles.

Ainsi, le ministre du Travail a révélé que la capitalisation de points (liés à la pénibilité d’un emploi) deviendrait plus simple pour ceux qui travaillent de nuit.

pénibilité

Mais aussi pour les travailleurs exposés à plusieurs critères en même temps. Il s’agit donc d’élargir les conditions d’utilisation du C2P.

Face à cette promesse, la CFDT rappelle que lors de son précédent mandat, Emmanuel Macron avait lui-même supprimé les critères de pénibilité.

Les syndicats demandent donc que ces facteurs de risque soient réintégrés dans le compte de prévention.

Yvan Ricordeau évoque trois critères ergonomiques qui ont été supprimés du compte pénibilité en 2017.

Espérons que le gouvernement finira par trouver un terrain d’entente avec les parlementaires et les partenaires sociaux.

Le pouvoir exécutif ajustera sans doute son discours en fonction des mobilisations qui auront lieu le 19 janvier dans la rue.