L’estimation de la revalorisation des pensions en 2023 est enfin connue !

Une nouvelle augmentation du montant des pensions aura lieu en janvier 2023. L'estimation de ce pourcentage a déjà été communiquée. Explications.

En plus des revalorisations de 2022 pour faire face à l’inflation, un nouveau coup de pouce est attendu en janvier 2023. Le montant précis de cette hausse des pensions sera connu lors de l’annonce du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) en décembre 2022.

Mais de nombreux détails laissent déjà entrevoir son montant ? Quel est le montant estimé de l’augmentation ? Qui en bénéficiera ?

Quand aura-t-elle lieu ? Sera-t-elle vraiment suffisante pour faire face au contexte actuel d’inflation ? Voici tout ce que vous devez savoir.

Qui va bénéficier de la revalorisation des pensions ?

La revalorisation des pensions concerne les bénéficiaires de :

  • La Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV),
  • La Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL),
  • La Caisse Nationale des Agents des Collectivités Locales (CNRACL),
  • le Service des Retraites de l’Etat (SRE).

Quel est le montant de la revalorisation prévue pour 2023 ?
Chaque revalorisation des pensions est envisagée en fonction de la moyenne annuelle de la valeur de l’inflation constatée au cours des 12 mois précédents.

pensions retraite
Avant le vote définitif du PLFSS, le dernier rapport des comptes de la Sécurité sociale a donné quelques pistes sur le sujet.

On pouvait y lire :

En 2023, la revalorisation anticipée de 4,0 % décidée à l’été 2022 n’étant qu’une avance sur la revalorisation de 2023, les pensions seraient revalorisées de 0,8 % supplémentaire au 1er janvier 2023.

Une augmentation de 0,8 % s’ajoutera donc à celle de 1,1 % en janvier 2022 et à celle de 4 % en juillet 2022.

 

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Une revalorisation des retraites complémentaires en novembre est également prévue :

  • 5,12 % pour l’Argic-Arrco (pour les salariés du secteur privé)
  • 4 % pour l’Ircantec (pour les fonctionnaires contractuels)

D’autre part, sur Twitter, en juillet 2022, Bruno Le Maire, avait promis :

Si l’inflation continue d’augmenter, il y aura une nouvelle revalorisation des pensions en janvier 2023.

Un taux erroné

Sur Twitter, Bruno Le Maire a écrit :

Nous protégeons pleinement nos retraités contre l’inflation. Les pensions de retraite seront augmentées de 5,1% en 2022 : 1,1% en janvier et 4% depuis juillet.

Mais selon Manuel Bompart, docteur en mathématiques et député de la France insoumise, ce calcul est erroné. Selon lui, le calcul d’une évolution ne se base pas sur un tel calcul de pourcentages.

Une augmentation de 1,1% et une autre de 4% ne correspondent pas à une augmentation totale de 5,1%. Le calcul 1,1 + 4 = 5,1% n’est pas correct ici.

Ces propos rejoignent ceux de l’économiste Maxime Combes, comme suit :

Additionner les taux ne marche pas, mais sur les très petits taux, la différence est extrêmement faible.

Le ministre de l’économie n’est donc pas si loin du résultat.

Pour une pension de 1 000 euros, la première augmentation de 1,1 % en janvier 2022 correspond à 11 euros supplémentaires sur la pension. La pension s’élève désormais à 1 011 euros.

La deuxième augmentation de 4 % en juillet 2022 est désormais calculée sur cette nouvelle base de 1 011 euros. Les 4 % supplémentaires augmentent cette base de 40,44 euros par mois. Au total, les personnes âgées recevront désormais 1 051,44 euros.

L’augmentation de la pension de retraite entre décembre 2021 et juillet 2022 n’est pas une augmentation de 5,144 %. Il serait plus correct de dire qu’il s’agit d’une augmentation de 5,144 %.

Une revalorisation insuffisante des pensions face à l’inflation

Selon Maxime Combes :

L’inflation est une perte de pouvoir d’achat au quotidien. La question n’est pas de savoir quelle est l’augmentation des pensions de retraite au 31 décembre, mais de savoir si, sur l’année, l’inflation a réduit le pouvoir d’achat des retraités.

Un senior avec une pension de 1 000 euros a commencé à recevoir 1 011 euros par mois après l’augmentation de 1,1 % en janvier 2022. Entre la première et la deuxième augmentation, il a gagné 6 066 euros.

À partir de juillet 2022, il recevra 1 051,44 euros par mois. De juillet à décembre, il recevra 6 308,64 €. Au total, cette année 2022, il aura perçu 12 374,64 € de pension.

 

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S’il n’y avait pas eu de revalorisation, la pension serait restée à 1 000 euros par mois, soit 12 000 euros en un an.

Grâce à ces 2 revalorisations de pension, le revenu effectif de ce senior a donc augmenté de 3,122%. Selon l’INSEE, l’inflation en 2022 est estimée à 5,5%.

Malgré cette augmentation de 3,122%, les personnes âgées subissent une perte de pouvoir d’achat de 2,4 points. Dans le cas d’une pension de 1000 euros par mois, cette perte serait de 285,36 euros.

C’est pourquoi Maxime Combes a déclaré :

La communication de Bruno Le Maire laisse entendre que les retraités ont été indemnisés à l’euro près. Ce n’est pas vrai !

Selon lui, les deux revalorisations des pensions ne suffisent pas à corriger cette perte de pouvoir d’achat.

Si le gouvernement avait voulu la rattraper, il aurait dû augmenter les pensions de 8,7 % en juillet. Le rattrapage de 4 % n’est pas suffisant, a-t-il ajouté.

Une augmentation qui devrait être suffisante

Selon l’économiste en chef de BDO France, Anne-Sophie Alsif :

Les retraités sont ceux qui possèdent la majorité du patrimoine, et certains d’entre eux perçoivent des revenus de ce patrimoine. Une perte de pension par rapport à l’inflation ne signifie pas forcément une perte de pouvoir d’achat.

Les statistiques de l’Insee indiquent que 73,4% des personnes âgées de plus de 70 ans possèdent au moins un bien immobilier.

pensions

Selon les données recueillies par le Conseil d’orientation des retraites, 13% des revenus de ces seniors proviennent de leur patrimoine.

Ces statistiques montrent que les retraités qui disposent d’une source de revenus complémentaires sont moins touchés par l’inflation.

Anne-Sophie Alsif poursuit :

De plus, contrairement à un actif qui est dépendant de sa voiture pour se rendre au travail, les retraités sont moins touchés par la hausse du prix des carburants.

D’après ces déclarations, les retraités sont déjà avantagés.

Les personnes les plus touchées par l’inflation ne sont pas les retraités, mais les moins de 25 ans et les précaires, ceux qui sont en dessous du salaire minimum, dit-elle.