Les prix pourront-ils retrouver leur niveau d’avant l’inflation ? La réponse des experts !

L'inflation est galopante depuis plusieurs mois et se situe autour de 6%. Reviendra-t-on un jour aux prix "d'avant ? Explications.

L’inflation continue de battre des records en France. Un pourcentage élevé de plus de 6% dont on se serait bien passé.

Chaque jour, les prix des produits de consommation augmentent sans qu’aucune mesure ne soit prise. Malheureusement, le phénomène ne s’arrêtera pas l’année prochaine.

mesure inflation 2022

Bien sûr, il faut garder à l’esprit que l’inflation finira par s’inverser. Mais reviendrons-nous un jour aux prix d’avant ?

Un expert économique fait le point sur la situation. Merci à nos collègues de Ouest France pour ce reportage particulièrement instructif.

Inflation : quelles sont les nouvelles pour 2023 ?

La vague s’amplifie depuis des mois. Le tsunami a atteint +5,6% en septembre, +6,2% en octobre et en novembre nous sommes toujours à +6,2%, selon l’INSEE.

Le phénomène d’inflation a commencé en janvier 2021, lors de la crise sanitaire.

Outre la France, le reste de l’Europe n’est pas non plus épargné. De plus, la situation en Ukraine n’a fait qu’aggraver le problème et notamment augmenter les prix de l’énergie et des matières premières.

L’indice des prix à la consommation

En plus des explications, voici un graphique qui parle de lui-même. Il ne pourrait être plus clair sur le contexte actuel. Les barres bleues représentent l’indice des prix à la consommation et la courbe rouge l’inflation sur un an.

L’INSEE a donné une définition de l’inflation. Elle correspond à la perte du pouvoir d’achat de la monnaie et entraîne donc une hausse globale et durable des prix.

L’inflation est calculée avec l’indice des prix à la consommation. Chaque Français peut constater chaque jour l’augmentation du coût de la vie, que ce soit lors des achats alimentaires ou de carburant (quand il y en a).

Selon LSA, le 27 octobre 2022, les viandes surgelées sont les plus touchées. En effet, leur prix a augmenté de +31,8%.

Viennent ensuite les mouchoirs en papier, les chiffons, la viande hachée et les pâtes, qui ont augmenté respectivement de 23% et 28%.

Une amélioration pour la fin de l’année 2023

Malheureusement, l’inflation va se poursuivre en 2023, selon Mathieu Plane, le directeur adjoint de l’OFCE.

L’inflation atteindra probablement un pic au début de l’année 2023, avec la hausse de 15% des tarifs réglementés de l’électricité, qui devrait la faire passer à 7%. Elle devrait ensuite redescendre à +3,5% à la fin de l’année.

Est-ce une bonne nouvelle ? Dans un an, pourrons-nous respirer ? S’il n’y a pas de nouveau choc, l’inflation va ralentir, selon l’expert. On peut donc imaginer qu’avec ce ralentissement, les tarifs reviendront également à la normale ?

Mathieu Plane ne pense pas qu’il faille aller trop vite. Il y a très peu de chances que cela se produise. Avec le contre-choc des prix de l’énergie, nous entrons dans une spirale.

À cause de l’effet de cliquet. En effet, lorsque les coûts des matières premières augmentent, cela génère une augmentation des revenus, comme les salaires. Mais lorsque les coûts baissent, les revenus ne baissent pas autant.

Par exemple, le salaire minimum, qui est indexé sur l’inflation, ne baissera pas si l’inflation baisse. Il en va de même pour les indices de la fonction publique ou les loyers.

Pour information, le salaire a été réévalué de 3,7% en France sur un an. Une augmentation qui reste inférieure à l’inflation.

Baisse des prix à géométrie variable

Dans tous les cas, il faut comprendre que lorsque l’inflation est maîtrisée, tous les tarifs ne réagissent pas de la même manière.

Plus la part des matières premières dans un produit est importante, plus elle a de chances de baisser. C’est le cas des produits gaziers et pétroliers, par exemple. Le prix des carburants reviendra donc à la normale sans problème.

En revanche, pour d’autres produits où la matière première ne représente qu’une petite partie du coût final, ce ne sera pas forcément le cas.

En effet, les composés dans une usine, le loyer dans un restaurant, le personnel dans un bar… tous ces coûts vont stagner à un prix élevé.

Ensuite, dans le secteur agroalimentaire, plusieurs éléments seront également pris en compte pour une éventuelle baisse des prix.

Les produits agricoles comme le blé sont très dépendants des enjeux géopolitiques, stratégiques ou climatiques, souligne le professionnel de l’OFCE. Par exemple, le prix des pâtes est lié au contexte en Ukraine et notamment aux récoltes. Si celles-ci sont bonnes, les prix baisseront.

Une déflation comme au Japon

Si les conflits politiques se calment, les prix devraient baisser, notamment ceux du gaz, du pétrole mais aussi des céréales.

Cela conduirait à une inflation négative, ce qui serait bénéfique. L’État pourrait lever le bouclier énergétique et faire des économies, et les budgets des particuliers et des entreprises diminueraient.

Selon l’analyse de Mathieu Plane. C’est le scénario positif qui permettrait à l’économie de retrouver le même niveau qu’avant.

D’autre part, il ne faudrait pas non plus que l’inflation soit négative trop longtemps.

Inflation

C’était la situation du Japon dans les années 1990, dont il n’est jamais vraiment sorti.

Les prix baissent, les marges des entreprises baissent, les salaires baissent et tout est à nouveau impacté. Les entreprises n’investissent plus, l’économie se contracte et le gouvernement ne fait plus de recettes.

Nous comprenons donc que ni l’inflation ni la déflation ne doivent se poursuivre indéfiniment.

Cela nous dit aussi que l’inflation peut être bonne si elle est contrôlée et n’explose pas.