Le pouvoir d’achat des français va baisser pendant 2 ans ! Un constat alarmiste.

Le pouvoir d'achat des Français s'amenuise chaque jour un peu plus. Cela ira-t-il mieux en 2023 ? On fait le point !

Mercredi dernier, l’OFCE a présenté des prévisions alarmantes. Comme vous pouvez le constater, le pouvoir d’achat des Français a baissé en 2022, mais ce sera encore le cas en 2023.

On pouvait espérer une reprise l’année prochaine, mais les chiffres ne sont pas bons.

prime pouvoir d-achat

En effet, les gains de l’année dernière seront effacés et nous nous retrouverons dans la même situation qu’en 2019. Merci aux journalistes des Echos pour ce reportage très complet.

La baisse du pouvoir d’achat des Français n’est pas prête de repartir à la hausse

Le pouvoir d’achat des ménages est l’un des principaux enjeux du gouvernement depuis plusieurs mois. C’est pourquoi il a augmenté les minima sociaux, le salaire minimum, et propose également diverses primes exceptionnelles.

Ces coups de pouce sont les bienvenus, mais sont-ils vraiment suffisants ? Le pouvoir d’achat a baissé en 2022 et continuera à le faire en 2023, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

En effet, le pouvoir d’achat a baissé de 1,4 % (en unités de consommation) sur les deux dernières années, ce qui annule le gain de 1,9 % en 2021. Ainsi, la situation revient à celle de 2019 puisque 2020 était quasi nulle.

Des chiffres pessimistes

Selon l’OFCE, le pouvoir d’achat a baissé de 0,1% cette année. En unités de consommation, il est en baisse de 0,6 %.

La hausse des salaires au second semestre suite aux augmentations de salaires du gouvernement ne suffit pas à compenser les pertes des six premiers mois de 2022. Il s’agit de la plus forte baisse depuis quarante ans, selon l’institut de recherche économique.

La mauvaise nouvelle, même si on s’en doutait, c’est que le contexte ne sera pas meilleur en 2023. Bercy estime une hausse de 0,9 % du pouvoir d’achat l’an prochain, mais l’OFCE estime plutôt une contraction de 0,3 %.

En UC, la baisse du pouvoir d’achat serait même de 0,8 %. Cette prévision sur le pouvoir d’achat est plus alarmiste que celle du gouvernement. L’OFCE prend en compte le marché du travail et son avenir.

Nous anticipons un retournement avec une hausse du taux de chômage à 8% l’an prochain et la destruction de 175 000 emplois. Cela va peser sur la dynamique salariale, explique Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

L’État a fixé un objectif de plus de 100 000 nouveaux emplois en 2023, ce qui soutiendra les revenus des Français.

L’inflation se poursuivra en 2023

Par ailleurs, l’inflation va augmenter et affaiblir le pouvoir d’achat des ménages.

Si le baril de Brent est à 100 dollars et que les prix de l’énergie augmentent de 15%, l’inflation pourrait bien atteindre une moyenne de 4,2% en 2023.

 

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Les Français vont donc inévitablement dépenser moins. L’OFCE indique également que la consommation, qui représente plus de la moitié du PIB en France, augmentera trois fois moins vite qu’en 2022 (+0,9%).

De plus, les ménages puisent dans leur épargne. Ainsi, selon les prévisions, fin 2023, le taux d’épargne atteindra son niveau pré-épidémique de 15,6% du revenu brut.

Pouvoir d’achat : 0,6 % d’augmentation du PIB en 2023

Le ralentissement de la consommation limitera donc la croissance de l’économie à 0,6 % en 2023. Cette estimation se situe à mi-chemin entre les plus pessimistes et les plus optimistes.

En effet, Barclays prévoit une baisse du PIB tandis que Bercy espère une croissance de 1%. En excluant les écarts de crise (santé, énergie…), le PIB aurait augmenté de 2%, selon l’OFCE.

Par ailleurs, il faut noter que ces estimations ne prennent pas en compte l’hypothèse d’un blocage des approvisionnements en gaz russe.

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En outre, il n’est pas fait mention d’une crise immobilière ou d’un retour de l’épidémie. En revanche, un recours accru à l’épargne pourrait modifier à la hausse notre scénario de croissance, admet Mathieu Plane.

Ainsi, il sera très difficile de maintenir le déficit public à 5% du PIB en 2023. L’OFCE prévoit 5,2% en raison du manque de dynamisme des recettes fiscales, de la baisse des prélèvements obligatoires et de l’augmentation des intérêts de la dette.