Agroalimentaire : 1 produit importé sur 4 ne serait pas aux normes en France, les conséquences !

Agroalimentaire  : entre 10 et 25% des produits importés et vendus en France ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français.

Agroalimentaire  : entre 10 et 25% des produits importés et vendus en France ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français.

Entre 10 et 25% des produits agricoles et alimentaires importés en France ne respectent pas les normes minimales environnementales et sanitaires imposées aux producteurs français, selon une estimation contenue dans un rapport sur l’agriculture française publié jeudi par le Sénat.

Le rapport s’inquiète de la perte de compétitivité de l’agriculture française par rapport à ses voisins, l’Allemagne et les Pays-Bas notamment, et s’inquiète du dumping social européen et de la surréglementation sanitaire en France qui entrave la production et les exportations agricoles françaises tout en favorisant les importations de moindre qualité.

France

Les importations de produits agricoles et alimentaires augmentent, alors que leur conformité aux normes de production exigées en France n’est pas garantie. Il en résulte une atteinte à la sécurité alimentaire des Français, à la compétitivité économique de l’agriculture et au revenu des agriculteurs.

Seulement 3 à 7% des produits contrôlés

Nous n’assurons pas le contrôle nécessaire pour que les produits qui reviennent de l’étranger correspondent à ce que nous demandons aux producteurs français, a fait valoir à la presse l’auteur du rapport, le sénateur LR de Haute-Loire, Laurent Duplomb : les taux de contrôle physique des marchandises sont très faibles, entre 3 et 7%.

Chaque année, entre 5 et 10 milliards d’euros de produits illégaux sont vendus en France, exerçant une pression à la baisse sur les prix des produits français.

produit Agroalimentaire

Dans le détail, le document souligne qu’entre 8 et 12% des denrées alimentaires importées de pays non-européens ne respectent pas les normes de production européennes.

Thé, piment, pistaches, viande…

Il cite notamment le thé de Chine (13%), les piments de République dominicaine (16%) et les pistaches des États-Unis (20%) pour lesquels le taux de non-conformité constaté par les autorités en 2017 était supérieur à la moyenne.

Le document pointe également une fraude plus importante sur les produits bio, la Direction de la concurrence et des fraudes (DGCCRF) notant que 17% des contrôles physiques sur les produits bio étaient non conformes en 2017.

Mais elle est particulièrement critique à l’égard des produits agricoles (non bio) importés de l’Union européenne, où les taux de non-conformité en 2017 étaient de 17 % pour les viandes fraîches de boucherie, 13 % pour les viandes fraîches de volaille, 25 % pour les produits carnés et 21 % pour le lait cru ou les produits à base de lait.

produit

L’excédent commercial agricole français divisé par deux

Dans le même temps, l’excédent commercial agricole français a été divisé par deux en moins de cinq ans, s’inquiètent les sénateurs. Alors qu’elle était le troisième exportateur mondial de produits agricoles en 2005, la France se situe désormais au sixième rang avec une part de marché d’environ 4,5 %.

Avec une perte de près de 2 points de parts de marché en 10 ans, elle enregistre la plus forte baisse au monde : L’Allemagne et les Pays-Bas ont des parts de marché supérieures à la France en matière de produits agricoles sur les marchés mondiaux, ajoute le rapport, selon lequel prétendre vouloir sauver l’agriculture française uniquement par la montée en gamme est illusoire.

Cela ne résoudra pas le problème des importations tout en menaçant certaines positions exportatrices. Cela exclut de facto les ménages les plus modestes qui n’auront que le choix d’acheter des produits importés, moins chers mais de moindre qualité, ajoutent les sénateurs, rappelant que les agriculteurs français tirent environ 25% de leurs revenus des exportations.

L’opportunité d’un secteur agroalimentaire durable

Aujourd’hui, les consommateurs se préoccupent de plus en plus de l’environnement, ce qui se traduit par des questions de consommation et de production durables.

C’est pourquoi la durabilité est devenue l’un des principaux défis du secteur agroalimentaire à court terme : elle constituera un avantage concurrentiel indéniable pour les entreprises qui investissent et parviennent à se différencier de leurs concurrents aux yeux du consommateur et, en outre, un gain d’efficacité et de réduction des coûts pour améliorer leur rentabilité.

Tant et si bien qu’à l’avenir, de nouvelles mesures, pénalités et taxes supplémentaires apparaîtront et affecteront la rentabilité des produits et services des entreprises qui ne respectent pas les normes environnementales établies, comme l’utilisation de plastiques, les émissions de CO2 ou la production de déchets.

Objectifs de durabilité

Lorsque nous parlons de durabilité, nous parlons de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins, en assurant un équilibre entre la croissance économique, le respect de l’environnement et le bien-être social.

Jusqu’à présent, on a assisté à une utilisation abusive des ressources et à de mauvaises pratiques pour satisfaire des consommateurs non informés, en mettant l’accent sur la rentabilité et les profits. Mais ces mêmes consommateurs sont de plus en plus impliqués, conscients et s’identifient à ces marques ou à des produits plus durables.

Les consommateurs d’aujourd’hui recherchent des produits naturels, lisent attentivement les étiquettes et les informations nutritionnelles et veulent quelque chose de différent. Les départements marketing des entreprises le savent bien : les produits qui répondent à plus d’un besoin donnent aux consommateurs plus de raisons de décider de les acheter. Il est donc important de créer plusieurs passerelles pour les clients potentiels.

Mais il ne s’agit pas seulement de produits plus sains, mais aussi de processus plus durables, ce qui implique de mettre en œuvre des solutions tout au long de la chaîne de valeur. Nous devons nous concentrer sur l’innovation et l’amélioration continue de l’efficacité.

Comme on peut le voir sur l’image suivante, la consommation de produits biologiques en Europe dépasse désormais 40 milliards d’euros et la France occupe la deuxième place, dépassée seulement par l’Allemagne.

Les questions de durabilité dans le secteur agroalimentaire ?

Avez-vous déjà pensé au coût de l’activité agroalimentaire sur l’environnement ? Voici quelques-uns des principaux indicateurs :

Gestion durable de l’eau : l’utilisation massive d’engrais chimiques pour les champs de monoculture a pollué nos eaux et nos océans.

Émissions de gaz à effet de serre : la forme industrielle de la production agricole est dévastatrice et représente déjà 15 % du total des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine.

Un avenir durable : les pratiques de pêche sont non durables et destructrices, tout comme la production de viande.

Agroalimentaire

Plus d’un tiers des céréales mondiales sont déjà utilisées comme aliments pour animaux, et si nous continuons sur cette voie, cette proportion augmentera de 50 % d’ici 2050.

Consommation durable : On estime que 1,3 milliard de tonnes de nourriture produite pour la consommation humaine, soit environ un tiers du total, est perdue ou gaspillée.

Pour inverser cette tendance, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté l’Agenda 2030 pour le développement durable, un plan d’action pour les personnes, la planète et la prospérité, qui vise également à renforcer la paix universelle et l’accès à la justice. Le programme propose 17 objectifs et 169 cibles de nature intégrée et indivisible qui couvrent les sphères économique, sociale et environnementale.

Les avantages de la durabilité dans le secteur agroalimentaire

Investir dans la durabilité donnera aux entreprises les avantages concurrentiels suivants :

  • L’engagement en faveur de l’emballage durable maintiendra l’engagement des consommateurs envers l’environnement et leur procurera un avantage concurrentiel.
  • L’investissement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique entraînera une optimisation des coûts qui se reflétera dans le compte de résultat.
  • La poursuite de l’économie circulaire en générant de la valeur à partir des déchets apportera de nouveaux revenus à l’industrie.
  • L’inclusion sociale des travailleurs handicapés entre 33% et 65% apportera des avantages fiscaux par le biais de déductions.
  • Les propriétés dans lesquelles des systèmes d’énergie thermique ou solaire ont été installés bénéficieront de réductions de l’impôt foncier.

Pour ces raisons, nous devons nous concentrer sur l’obtention d’une rentabilité durable, un autre défi qui consiste à prendre des décisions et des actions qui nous permettent de rester rentables en tant qu’entreprise, garantissant ainsi une viabilité à moyen et long terme, tout en s’engageant envers l’environnement et la société.